Plaignez-moi, chers amants, que le ciel adversaire
Jadis a transformés dans ce bois solitaire
En arbres et en fleurs,
Et toi plaisant, Narcis, quitte un peu ta fontaine,
Si tu veux voir d'Amour la figure certaine,
Mire-toi dans mes pleurs !

Je me plais au travail que sans cesse j'endure,
Avec ces hauts sapins mon désir se mesure
Et s'accroît tous les jours.
Cette belle verdeur maintient mon espérance,
Ces rochers m'ont rempli de nouvelle constance,
Et ces oiseaux d'amour.

Enfin quand l'on dira, parlant de ma ruine,
Que j'eus le cœur d'aimer une beauté divine
Dont les dieux sont jaloux,
Ce serait des lauriers pour couronner ma flamme,
Et puis ce purgatoire où se plonge mon âme
M'est agréable et doux.

Encore une autre fois, adieu, chères délices,
Adieu saintes beautés à mes vœux si propices,
Adieu plaisirs passés !
Ô mort, je ne crains plus ta dextre vengeresse :
Vivre une heure content aimé de sa maîtresse
N'est-ce pas vivre assez ?


Siméon-Guillaume de La Roque

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Johann