Il faut enfin parler de la Parisienne 
Mieux que banalement 
Et lui dire sans fiel que dans la chose sienne 
Tout n’est pas qu’agrément. 

Elle-même se dit point belle mais jolie 
Et par « jolie » elle, elle entend 
Quelque chose de laid platement que pallie 
Un port de tête exorbitant 

Et qu’émaillent des mots ressassés qu’elle vole 
Aux journaux finis d’achever,
Avec, en sus, un tortillement trop frivole 
Des hanches pour faire… rêver.

La chlorose est son lot et ses cuisantes suites 
Et la tuberculose aussi,
Aussi la fausse couche et ses péritonites,
Aussi tous maux dans ces tons-ci… 

Elle qui se prétend reine de l’élégance,
C’est d’Angleterre, deux ou trois 
Ans après, qu’elle tire — et vêt d’extravagance 
Les modes, son goût et son choix. 

Mais assez. Résumer sera faire œuvre pie. 
Total : C’est fade et polisson 
Et c’est bavard et c’est voleur comme une pie 
Et c’est putain comme chausson.

Paul Verlaine

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