Arbres dépouillés de verdure,
Malheureux cadavres des bois,
Que devient aujourd’hui cette riche parure
Dont je fus charmé tant de fois ?
Je cherche vainement, dans cette triste plaine,
Les oiseaux, les zéphirs, les ruisseaux argentés :
Les oiseaux sont sans voix, les zéphyrs sans haleine,
Et les ruisseaux dans leurs cours arrêtés.
Les aquilons fougueux règnent seuls sur la terre ;
Et mille horribles sifflements
Sont les trompettes de la guerre
Que leur fureur déclare à tous les éléments.

Le soleil, qui voit l’insolence
De ces tyrans audacieux,
N’ose étaler en leur présence
L’or de ses rayons précieux.

La crainte a glacé son courage,
Il est sans force et sans vigueur ;
Et la pâleur sur son visage
Peint sa tristesse et sa langueur.

Le soleil, qui voit l’insolence
De ces tyrans audacieux,
N’ose étaler en leur présence
L’or de ses rayons précieux.

Du tribut que la mer reçoit de nos fontaines,
Indignés et jaloux, leur souffle mutiné
Tient les fleuves chargés de chaînes,
Et soulève contre eux l’Océan déchaîné.
L’orme est brisé, le cèdre tombe,
Sous leurs efforts impérieux ;
Et les saules couchés, étalant leurs ruines,
Semblent baisser leur tête et lever leurs racines
Pour implorer le vengeance des cieux.

Bois paisibles et sombres,
Qui prodiguiez vos ombres
Aux larcins amoureux,
Expiez tous vos crimes,
Malheureuses victimes
D’un hiver rigoureux ;

Tandis qu’assis à table,
Dans un réduit aimable,
Sans soins et sans amour,
Près d’un ami fidèle,
De la saison nouvelle
J’attendrai le retour.


Jean-Baptiste Rousseau

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