Oh ! ne laissons jamais sous le doute énervant
Notre âme s’affaisser comme le flot au vent ;
Recevons, sans pâlir, les coups de la souffrance,
Que le bien seulement ait notre souvenir ;
Oublions le passé pour croire à l’avenir,
Et buvons en marchant le vin de l’espérance !

Si l’orage ou le vent bat notre front mortel,
Ne craignons pas d’aller, aux marches de l’autel,
Dire l’Ave Maria que disait notre mère ;
Lorsque l’on a souffert, on croit toujours en Dieu,
Et souvent à la paix qu’exhale le saint lieu,
Se rassérène enfin notre existence amère !

Que les hommes jamais ne voient notre mépris,
Trouvons des mots d’amour pour les cœurs incompris,
Sachons être assez grands pour bannir toute haine.
Si nous avons en nous quelque ulcère rongeur,
— N’étalons pas à tous sa sanglante rougeur,
Avec le tronc pourri restons droit comme un chêne.

Sachons vivre isolés au milieu des humains,
N’allons pas, à genoux, sur le bord des chemins
Mendier aux passants l’aumône d’une larme,
Que l’hymne sanglotant de nos sombres ennuis
Ne verse ses accords qu’au silence des nuits,
Ayons dans le combat le silence pour arme !

Oublions l’homme pour nous souvenir de Dieu,
Ne devançons jamais le moment de l’adieu,
Méprisons la pitié que la foule sait feindre.
Si des douleurs sans nom rongent nos cœurs ardents,
Souffrons et sourions ; n’ayons pour confidents
Nul ami, nulle femme et mourons sans nous plaindre.


Étienne Eggis

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