Barricade la porte et ferme les volets :
Ton cœur est la maison qui doit rester secrète ;
Des trésors sont cachés, que la foule indiscrète
Contemplerait comme un butin, si tu voulais !

Trop d’appétits sont vils, trop de désirs sont laids :
N’en laisse pénétrer aucun dans ta retraite ;
Vis en toi-même ainsi qu’un doux anachorète,
Et ne franchis jamais le seuil de ton palais.

Le regard du vulgaire est plein de convoitise.
De cet or soupçonné l’homme aura la hantise,
Et, si tu n’y prends garde, il te dépouillera.

Mais si, fortifié de silence invincible,
Dans la maison du cœur tu veilles invisible,
L’homme, ne voyant rien à prendre, s’en ira.


Albert Lozeau

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