Vous que j’ai tant aimé, ô vous dont l’œil m’évite,
Si le hasard encor me plaçait sur vos pas,
Tremblante, à mes regards ne fuyez pas si vite,
De moi ne vous détournez pas.

Ne vous détournez pas ! Dans sa noble innocence,
Mon cœur s’étonne et souffre au trouble où je vous vois.
Si d’un trop haut amour la femme un jour s’offense,
Je l’ignorais ; pardonnez-moi.

Ne vous détournez pas ! Votre trouble me blesse.
Un souvenir, des fleurs ne vous sauraient lier !
Croyez à mon orgueil autant qu’à ma faiblesse :
J’aimai... mais je veux oublier.

Nul remords entre nous, nul secret, nul mystère !
De ma douleur jamais vous n’aurez à souffrir.
Celui qui si longtemps sut aimer et se taire,
Se taira, — dût-il en mourir !

L’amour a ses bonheurs ; hélas ! je les ignore.
L’amour a ses tourments ; je les ai trop connus.
Mais, je le sens au mal poignant qui me dévore,
Bientôt je ne souffrirai plus.

Que de jours, l’âme en proie à la mélancolie,
Me rappelant combien le sort te fut amer,
O Tasse ! ainsi que toi j’enchaînai ma folie
Dans un silence ardent et fier.

Est-ce ma faute à moi, dans une heure d’ivresse,
Si, vos regards troublant ma frêle volonté,
Votre main dans ma main, défaillant de tendresse,
Mon cœur sur ma lèvre est monté ?

Oubliez-le, ce mot, l’énigme de ma vie.
Votre instinct curieux, ô femme ! est satisfait.
A mon tour j’oublierai, chère et mortelle amie,
Le mal qui par vous me fut fait.

Allez en paix ! vivez ! Le monde vous réclame.
En riant foulez-y mon idéal cherché.
Oh ! vous saurez un jour, au vide de votre âme,
Sur quel cœur vous avez marché.


Auguste Lacaussade

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.