Dieu qui reçois en ton giron humide
Les deux ruisseaux de mes yeulx larmoyans,
Qui en tes eaux sans cesse tournoyans
Enflent le cours de ta course liquide,

Quand fut-ce, ô Dieu ! qu’en la carriere vide
De ton beau ciel, ces cheveux ondoyans,
Comme tes flotz au vent s’ebanoyans,
Deçà delà voguoient à pleine bride ?

Ce fut alors, que cent Nymphes captives
Entre tes braz, sortirent sur leurs rives,
Laissant le creux de ta blonde maison.

Ce fut alors que les Dieux et l’année
Firent sur toy, ma terre fortunée,
Renaistre l’or de l’antique saison.

Joachim du Bellay

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