L'heureux n'est pas le vrai, le droit n'est pas le nombre ;
Un vaincu toujours triste, un vainqueur toujours sombre,
Le sort n'a-t-il donc pas d'autre oscillation ?
Toujours la même roue et le même Ixion !
Qui que vous soyez, Dieu vers qui tout me ramène,
Si le faible souffrait en vain, si l'âme humaine
N'était qu'un grain de cendre aux ouragans jeté,
Je serais mécontent de votre immensité ;
Il faut, dans l'univers, fatal et pourtant libre,
Aux âmes l'équité comme aux cieux l'équilibre ;
J'ai besoin de sentir de la justice au fond
Du gouffre où l'ombre avec la clarté se confond ;
J'ai besoin du méchant mal à l'aise, et du crime
Retombant sur le monstre et non sur la victime ;
Un Caïn triomphant importune mes yeux ;
J'ai besoin, quand le mal est puissant et joyeux,
D'un certain grondement là-haut, et de l'entrée
Du tonnerre au-dessus de la tête d'Atrée.


Victor Hugo

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