En faveur du parfum je pardonne à la rose
L’épine, dont mon doigt garde une larme rose.
Je passe au ciel pesant son haleine de feu,
Parce que, plus que les beaux yeux bleus, il est bleu.
J’excuse tout le mal qui me vient de vous-même,
De vos regards, de votre bouche : je vous aime !
Mais prenez garde ! Un jour arrive où la beauté,
Sentant le poids des ans, abdique sa fierté
Pourrez-vous seulement plus tard devenir douce ?
Votre geste retient, mais votre cœur repousse.
Ah ! prenez garde, fleur aux fragiles éclats,
Qu’on vous adore pour ce qui ne dure pas !


Albert Lozeau

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