Vos jeunes mains cueillent des fleurs
dont je n’ai plus que les épines ;
vous dormez dessous les courtines
et des grâces et des neuf sœurs :
je leur fais encor quelques mines,
mais vous possédez leurs faveurs.
Tout s’éteint, tout s’use, tout passe :
je m’affaiblis, et vous croissez ;
mais je descendrai du Parnasse
content, si vous m’y remplacez.
Je jouis peu, mais j’aime encore ;
je verrai du moins vos amours :
le crépuscule de mes jours
s’embellira de votre aurore.
Je dirai : je fus comme vous ;
c’est beaucoup me vanter peut-être ;
mais je ne serai point jaloux :
le plaisir permet-il de l’être ?


Voltaire

Découvrez Poésie Postale, votre abonnement mensuel pour recevoir des poèmes inédits et œuvres d'art originales par la poste, le tout dans une enveloppe scellée à la cire.

Gâtez-vous ou offrez de la poésie en cadeau !

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.