Astre clair qui là-haut trembles au fond des cieux,
Quel est le nom, quelle est la forme de tes dieux ?
Des hommes sont-ils rois de tes troupeaux de bêtes ?
Lointaine étoile, as-tu tes héros, tes prophètes ?
Tes fous, tes criminels, et tes sombres damnés,
Ou tes voyants, tes saints, tes grands hallucinés,
Cherchant à consoler la détresse des êtres ?
Tes vivants souffrent-ils du péché des ancêtres ?
Et le soir, éblouit par ta splendeur qui ment,
Prolongent-ils aussi leur misère en s’aimant ?
Tes amants savent-ils au cœur de leur amante
Apaiser l’infini désir qui les tourmente ?
Astre clair, cependant tu souris et tu luis ;
Tu mêles ton mensonge à la douceur des nuits ;
Tu scintilles, pareil aux yeux des bien-aimées,
Malgré tant de douleurs en ton sein renfermées,
Et bien qu’en toi, fruit d’or, fruit merveilleux du ciel,
Le mal se soit glissé comme un ver éternel.


Jean Lahor

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