« Ils osent résister ! » disent-ils. Nous osons.
Parce qu’ils ont chez eux l’homme des trahisons,
Ils pensent nous trouver abattus. Bêtes brutes !
Mais ce coup décisif et fatal que vous crûtes
Nous porter, s’est tourné contre vous justement.
Décapité d’un roi, le bon peuple allemand
Peut se croire perdu, crier miséricorde,
Et tendre un cou docile et soumis à la corde.
Ils ne comprennent pas que la rébellion
Souffle en chaque poitrine une âme de lion ;
Ils ne peuvent fourrer dans leur cervelle obtuse
Qu’on puisse mettre en jeu ces grands moyens dont use
Un peuple qui défend ses droits et son foyer ;
Ils s’étonnent de voir notre main déployer
L’étendard rayonnant des libertés publiques !
Ce sont de braves gens froids et mélancoliques
Qu’un regard du roi change en féroces toutous.
Ah ! Nous vous renverrons dans votre chenil, tous,
Les badois, ces croupiers, les gens de la Bavière,
Les prussiens tendant l’échine à l’étrivière,
Et, si cela vous plaît, vous ferez un grand-duc
De ce Napoléon sanguinaire et caduc,
Tout prêt à déposer sa risible épaulette
Pour tenir le râteau teuton de la roulette !


Albert Glatigny

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