Darde son noir venin sur l'aigle ami des dieux.
Le noble oiseau s'abaisse et sa serre hautaine
A bientôt châtié le reptile odieux.
La bête, qui tordait ses anneaux avec gloire,
A son tour est blessée au flanc et le bec d'or
Du roi des airs, tout rouge encor de sa victoire,
Déchire en vingt tronçons son adversaire mort.
Ayant bien satisfait ses vengeances sublimes
Et bien rassasié son ail de sang vermeil,
L'aigle alors jette au loin ses dépouilles opimes
Et, l'aile ouverte au vent, vole vers le soleil.
Paul Verlaine
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