Jà reluisoit la benoiste journee
Que la nature au monde te devoit,
Quand des thresors qu'elle te reservoit
Sa grande clef te feust abandonnee.

Tu prins la grace à toy seule ordonnee,
Tu pillas tant de beautez qu'elle avoit,
Tant qu'elle fiere, a lors qu'elle te veoit,
En est par fois elle mesme estonnee.

Ta main de prendre en fin se contenta,
Mais la nature encor te presenta,
Pour t'enrichir, ceste terre où nous sommes.

Tu n'en prins rien : mais, en toy tu t'en ris,
Te sentant bien en avoir assez pris
Pour estre ici royne du cœur des hommes.


Étienne de La Boétie

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