J'ai passé mon printemps, mon été, mon automne ;
Voici le triste hiver qui vient finir mes vœux ;
Déjà de mille vents le cerveau me bouillonne ;
J'ai la face ridée et la neige aux cheveux.

D'un pas douteux et lent, à trois pieds je chemine,
Appuyant d'un bâton mes membres languissants,
Mes reins n'en peuvent plus, et ma débile échine
Se courbe peu à peu, sous le faix de mes ans.

Une morne froideur sur mes nerfs épanchée
Engourdit tous mes sens, désormais curieux,
D'un glaçon endurci j'ai l'oreille bouchée,
Et porte en un étui la force de mes yeux.

Mais bien que la jeunesse en moi ne continue,
Dieu, fais que mon amour me conserve le cœur !
Autant que de mon sang la chaleur diminue,
Daigne de mon esprit augmenter la vigueur.

Que sert de prolonger une ingrate vieillesse,
Pour regarder sans fruit la lumière du jour !
Heureux, qui sans languir en si longue vieillesse,
Retourne de bonne heure au céleste séjour !


Scévole de Sainte-Marthe

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Johann