Je faisois ces Sonets en l'antre Pieride,
Quand on vit les François sous les armes suer,
Quand on vit tout le peuple en fureur se ruer,
Quand Belonne sanglante alloit devant pour guide :

Quand en lieu de la Loy le vice, l'homicide,
L'impudence, le meurtre, et se sçavoir muer
En Glauque et en Prothée, et l'Estat remuer,
Estoient tiltres d'honneur, nouvelle Thebaïde.

Pour tromper les soucis d'un temps si vicieux,
J'escrivois en ces vers ma complainte inutille.
Mars aussi bien qu'Amour de larmes est joyeux.

L'autre guerre est cruelle, et la mienne est gentille :
La mienne finiroit par un combat de deux,
Et l'autre ne pourroit par un camp de cent mille.


Pierre de Ronsard

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