Je me taisais, j'avais fait vœu
De ne te jamais reprocher
Ton esprit net, sobre, empêché
De tout élan, de tout aveu  ;

Mais ce soir où le ciel d'automne
Effeuille un soleil languissant,
Laisse que ma voix s'abandonne
À trahir les secrets du sang  :

— Entends-tu, cher cœur sans tendresse,
Chère âme insensible et têtue,
En ce jour où je te confesse
Ma native et fière tristesse,
Combien de fois je me suis tue ?


Anna de Noailles

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.