Je regrette les yeux qui jadis m’ont souri
Parce que je fus pâle et que ma chair souffrit ;
Malgré ce que le temps en nous efface ou voile,
De leurs regards émus ma mémoire s’étoile.
Je me suis fait moi-même un ciel intérieur
Que l’esprit de ce siècle incrédule et railleur
Ne pourrait dépeupler de mes visions chères.
J’ai suspendu trop haut mes petites lumières
Pour qu’un souffle méchant les éteignit jamais.
Vous êtes mes clartés, jolis yeux que j’aimais !
Gardez, en vous fermant, de replonger dans l’ombre
Mon âme où, prêt au mal, se blottit l’ennui sombre…


Albert Lozeau

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