Je suis semblable au marinier timide ;
Qui voyant l’air çà et là se troubler,
La mer ses flotz ecumeux redoubler,
Sa nef gemir soubz ceste force humide,

D’art, d’industrie, et d’esperance vide,
Pense le ciel, et la mer s’assembler,
Se met à plaindre, à crier, à trembler,
Et de ses vœux les Dieux enrichir cuyde.

Le nocher suis, mes pensers sont la mer,
Soupirs, et pleurs sont les ventz et l’orage,
Vous ma Déesse etes ma clere etoile,

Que seule doy’, veux, et puis reclamer,
Pour asseurer la nef de mon courage,
Et eclersir tout ce tenebreux voile.

Joachim du Bellay

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.