Jeune homme, ce méchant fait une lâche guerre.
Ton indignation ne l’épouvante guère.
Crois-moi donc, laisse en paix, jeune homme au noble cœur,
Ce Zoïle à l’œil faux, ce malheureux moqueur.
Ton mépris ? mais c’est l’air qu’il respire ! Ta haine ?
La haine est son odeur, sa sueur, son haleine !
Il sait qu’il peut souiller sans peur les noms fameux,
Et que pour qu’on le touche il est trop venimeux.
Il ne craint rien ; pareil au champignon difforme
Poussé dans une nuit au pied d’un chêne énorme,
Qui laisse les chevreaux autour de lui paissant
Essayer leur dent folle à l’arbuste innocent ;
Sachant qu’il porte en lui des vengeances trop sûres,
Tout gonflé de poison il attend les morsures.

Victor Hugo

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