La brume a noyé l’horizon blafard,
Les vents font le bruit d’un taureau qui beugle,
Et, sur les prés nus, le ciel sans regard
S’ouvre, vide et blanc comme un œil d’aveugle.

Ce n’est pas la nuit, ce n’est pas le jour ;
Du zénith glacé, je sens, comme un givre,
Tomber sur mon cœur, qui n’a plus d’amour,
Le dégoût d’être homme et l’ennui de vivre.

Les temps sont passés où, sous le ciel bleu,
Sonnait dans ma chair le galop des fièvres ;
Toute joie est morte ou m’a dit : adieu !
J’ai le doute à l’âme et le fiel aux lèvres...

Dormez dans la nue, ô rayons sacrés !
Plus de souvenir et plus d’espérance !
Mon cœur, loin de vous, descend par degrés,
Sous l’océan froid de l’indifférence !...


Louis Bouilhet

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