Elle coupe la tête à Holopherne


Holopherne est couché, ce flambeau qui sommeille
A mêlé sa lumière avec l'obscurité,
Et Judith fait de l'ombre un voile à sa beauté,
De peur qu'à son éclat, le barbare s'éveille.

Le fer que tient en main cette chaste merveille
Ajoute à son visage une fière clarté,
Et pour la confirmer en cette extrémité,
Son bon ange a lui fait ce discours à l'oreille :

Assure-toi, Judith, tu vas tuer un mort :
Le sommeil et le vin, par un commun effort,
Ont déjà commencé son meurtre et sa conquête.

Ton captif ne doit pas te donner de la peur,
Et ton bras sans danger pourra couper la tête
D'un homme à qui tes yeux ont arraché le cœur.


Pierre Le Moyne

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