Jusqu'où peut-on aimer, poursuivre, détenir  ?
Quand a-t-on épuisé la quantité des yeux  ?
Quand vient l'heure où l'esprit se vante de finir
Ce repas renaissant, intact et captieux  ?

Avoir ne donne rien à l'appétit sans terme,
Tout est commencement et dérisoire effort  ;
Quel est ce gain léger, cette avance, ce germe,
Tant que tu m'éblouis et que tu n'es pas mort  ?

— La concluante mort cependant serait vaine,
J'ai besoin que tu sois quand je ne vivrai plus  ;
Je tremble d'emporter dans le froid de mes veines
L'éclat mystérieux par lequel tu m'as plu…


Anna de Noailles

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.