Kronos, roi du passé, père des jours à naître,
Seul des olympiens sur son trône est resté ;
L’impitoyable faux au tranchant redouté
Tremble éternellement dans les mains du vieux maître :

Sa barbe, que le feu des étoiles pénètre,
Sous ses flocons d’argent couvre l’immensité ;
Il jette aux dieux nouveaux un regard de côté,
Et se détourne d’eux, sans les vouloir connaître.

À quoi bon ? Rien n’est sûr, d’autres viendront encor…
N’a-t-il pas vu ses fils brisant leurs sceptres d’or,
Et l’Olympe encombré du débris de leurs armes ?

Sur terre et dans les cieux, sachant que tout est vain,
Il pleure, épouvanté de ce néant divin ―
Et la profonde mer n’est qu’une de ses larmes !


Louis Bouilhet

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