La belle main, dont la forte foiblesse
D’un joug captif domte les plus puissans
La main, qui rend les plus sains languissans,
Debendant l’arc meurtrier, qui les cœurs blesse,

La belle main, qui gouverne, et radresse
Les freinz dorez des oiseaux blanchissans,
Quand sur les champs de pourpre rougissans
Guydent en l’air le char de leur maistresse,

Si bien en moy a gravé le protraict
De voz beautez au plus beau du ciel nées,
Que ny la fleur, qui le sommeil attraict,

Ny toute l’eau d’oubly, qui en est ceinte,
Effaceroient en mil’, et mil’années
Vostre figure en un jour en moy peinte.

Joachim du Bellay

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