Provençaux, le soleil d'ici
Ne voit pas que des filles brunes ;
Nous avons des blondes aussi,
Et j'en veux nommer quelques-unes :
Parmi notre mourvèze noir,
Voyez, le blanc muscat abonde ;
Du muscat blanc mis au pressoir
La liqueur est blonde !

Le soleil d'ici, bien que dur,
Ne brunit pas toutes nos filles :
Voyez nos gerbes de blé mûr,
Qui sont blondes sous les faucilles !
Et toi qui bénis la chaleur,
Cigale, ô chanteuse féconde,
Ton joli corps a la couleur
De la moisson blonde !

Le soleil qui blondit nos blés
Ne hâle pas toutes nos belles :
Dans nos oliviers contemplez
Les vertes olives nouvelles ;
Novembre les noircit, d'accord !...
A la cueillette tout le monde !
On les écrase, et l'huile en sort,
La belle huile blonde !

Notre beau soleil réchauffant
Ne brunit pas tout ce qu'il touche :
La mer est une belle enfant
Qui chante, bercée en sa couche.
Le soleil vient, dès son réveil,
Caresser sa poitrine ronde :
La mer aux yeux bleus, grand soleil,
Est sa reine blonde !


Jean Aicard

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