Renversé doucement dans les bras de Thaïs,
Le front ceint d’un léger nuage,
Je lui disois : lorsque tu me souris,
Peut-être sur ma tête il s’élève un orage.
Que pense-t-on de mes écrits ?
Je dois aimer mes vers, puisqu’ils sont ton ouvrage.
Occuperai-je les cent voix
De la vagabonde déesse ?
À ses faveurs pour obtenir des droits,
Suffit-il, ô Thaïs, de sentir la tendresse ?
Thaïs alors sur de récens gazons
Cueille des fleurs, en tresse une couronne.
Tiens, c’est ainsi que je répons ;
Voilà le prix de tes chansons,
Et c’est ma main qui te le donne :
Renonce, me dit-elle, à l’orgueil des lauriers ;
Laisse ces froids honneurs qu’ici tu te proposes ;
Il faut des couronnes de roses
À qui peignit l’amour et chanta les baisers.


Claude-Joseph Dorat

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