Dans le fond du palais, sur sa couche d’airain,
Agamemnon repose et son âme se noie
Dans le divin sommeil ; le souvenir de Troie
Vient à peine parfois plisser son front serein.

Il dort et pour ses yeux le jour du lendemain
Ne luira pas. Le cœur plein de haine et de joie,
Clytemnestre déjà désigne de la main
A son timide amant cette royale proie.

Il tremble : ses cheveux se hérissent d’effroi ;
Mais, vers le lit de pourpre où repose le roi,
L’élançant fortement d’une étreinte enivrante,

Elle le pousse ; ils vont sans haleine, à pas lents…
Egisthe va frapper… Et la lampe mourante
Les éclaire tous deux de ses reflets sanglants.


José-Maria de Heredia

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