Sur un nid de rencontre, au coin de l’appentis,
La poule couve ; au toit la paille s’amoncelle ;
La hideuse araignée y file à côté d’elle ;
Elle couve en fermant ses yeux appesantis.

Les poussins sont éclos avec leurs appétits,
Elle gratte au hasard, fait diète et les appelle ;
Sous l’orage elle fait un auvent de son aile,
Insuffisant asile où tremblent ses petits.

Ses enfants, différents d’espèces et de tailles,
Ne sont pas la plupart le fruit de ses entrailles,
Mais elle ne sait pas reconnaître les siens.

Parfois, dans les halliers, couvant une chimère,
Elle s’assied longtemps sur quelques nids anciens…
Pauvre et stupide mère !… et pourtant bonne mère.


Gustave Le Vavasseur

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