De cette Muse slave
Qui de neige vêtue, et du feu plein le cœur,
Est comme un lac d’argent où ruisselle la lave.
Je viens pour allumer ma lampe, faible encor,
À la torche superbe
Qui dès l’aube des temps luit sur le livre d’or
Où de l’humanité s’est illustré le Verbe !
Je verserai ma sève et tout mon jeune sang.
Dans tes veines lassées,
Mais que n’a su tarir le combat incessant
Que tu livras, Guerrière, aux erreurs hérissées !
Fais jaillir hors des deuils, au cri de mes coursiers,
L’éclair de ton épée,
Et dans le pur torrent des polaires glaciers
Plonge de ton beau corps la vigueur retrempée !
Car mon bras patient est prêt à te venger,
Mère, dans ta souffrance ;
Mon cœur fort pour ton cœur n’est pas un étranger :
De ton lait, de tes pleurs, je suis nourrie, ô France ! »
« Je guiderai tes pas, dans les temps qui viendront,
Vers ce haut sanctuaire,
Où la Clarté rayonne et siège sur le front
De mes fils que brûla tout Idéal austère !
Et je t’éclairerai du drapeau glorieux
Qui protège l’Idée,
Comme une aigle essorante ouvrant son aile aux cieux
Y porte ses aiglons, toute d’aube inondée ! »
Tola Dorian
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