Quel visage oserait se mirer dans la glace
Dont ce cadre embaumé festonne le contour ?
Est-il un front de vierge ou d'ange que n'efface
La fraîcheur de ces lis qui n'ont vécu qu'un jour ?

Toi seule, oh ! rien que toi ! soit que d'un blanc nuage
La dentelle à ton front colle les plis soyeux,
Soit que tes blonds cheveux encadrent ton visage,
Ou qu'un bleuet fané s'effeuille sur tes yeux.

Brise devant tes traits ton miroir de Venise,
Qui sait les retracer sans pouvoir s'animer ;
Mire-toi dans une âme où l'amour t'éternise :
Pour un miroir vivant, réfléchir c'est aimer !

Mon cœur nourrit aussi de sa sève une chose
Qui fait rêver du ciel, et qui fait dire : « Hélas !... »
A chaque heure du temps une larme l'arrose :
Quel est son nom ? Soupir ! — Qu'embaume-t-il ? Tes pas !

Quel visage oserait se mirer dans la glace
Dont ce cadre embaumé festonne le contour ?
Est-il un front de vierge ou d'ange que n'efface
La fraîcheur de ces lis qui n'ont vécu qu'un jour ?

Toi seule, oh ! rien que toi ! soit que d'un blanc nuage
La dentelle à ton front colle les plis soyeux,
Soit que tes blonds cheveux encadrent ton visage,
Ou qu'un bleuet fané s'effeuille sur tes yeux.

Brise devant tes traits ton miroir de Venise,
Qui sait les retracer sans pouvoir s'animer ;
Mire-toi dans une âme où l'amour t'éternise :
Pour un miroir vivant, réfléchir c'est aimer !

Mon cœur nourrit aussi de sa sève une chose
Qui fait rêver du ciel, et qui fait dire : « Hélas !... »
A chaque heure du temps une larme l'arrose :
Quel est son nom ? Soupir ! — Qu'embaume-t-il ? Tes pas !


Alphonse de Lamartine

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