C’est moi qui suis Dragon, le chien de ce troupeau
Et Guillot, le pasteur, ce gars de piètre mine
Qui le long des sillons clopin-clopant chemine,
Malgré son manteau jaune et malgré son chapeau,

Est moins berger que moi qui n’ai rien que ma peau.
Il me laisse pourtant ronger par la vermine
Et je déserterais, poussé par la famine,
Si je n’étais de garde au poste du drapeau.

Peut-être m’aime-t-il, cet homme, à sa manière ;
Quand le vieux Turc mourut, à la saison dernière,
Il essuya ses yeux et dit : Le pauvre chien !

Il a le pied cruel quand il est en colère
Mais nous sommes unis par un rude lien ;
Nous sommes tous les deux compagnons de misère.


Gustave Le Vavasseur

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