Les Alpes ont beau faire et m’opposer leur dos,
Leurs glaciers verts et bleus aux terribles passages,
Et leurs pics décharnés où les sombres nuages
Viennent traîner le ventre et se mettre en lambeaux ;

Tombent, tombent sur moi, leurs effrayantes eaux,
Leurs torrents bondissants, leurs neiges, leurs orages,
Et que les vents sortis de cent rochers sauvages
Déchirent mes poumons comme de froids couteaux !

J’irai, je foulerai, car, j’en ai l’espérance,
Les champs délicieux de la douce Florence
Et les vieux monts sabins que Virgile adora.

Je verrai le soleil et la mer de Sorrente,
Et mollement couché sur la plage odorante,
Je boirai ton air pur, ô terre d’Ischia !


Auguste Barbier

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