Le doulx sommeil paix, et plaisir m’ordonne,
Et le reveil guerre, et douleur m’aporte :
Le faulx me plaist, le vray me deconforte :
Le jour tout mal, la nuit tout bien me donne.

S’il est ainsi, soit en toute personne
La verité ensevelie, et morte.
O animaulx de plus heureuse sorte,
Dont l’œil six mois le dormir n’abandonne !

Que le sommeil à la mort soit semblant,
Qu le veiller de vie ait le semblant,
Je ne le dy, et le croy’moins encores.

Ou s’il est vray, puis que le jour me nuist
Plus que la mort, ô mort, veilles donq’ores
Clore mes yeulx d’une eternelle nuit.

Joachim Du Bellay

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