Un vase, flanqué d’un masque, 
En faïence de Courtrai, 
Vieille floraison fantasque 
Où j’ai mis un rosier vrai,
 
Sur ma fenêtre grimace, 
Et, quoiqu’il soit assez laid, 
Ce matin, du toit d’en face, 
Un merle ami lui parlait. 

Le merle, oiseau leste et braque, 
Bavard jamais enrhumé, 
Est pitre dans la baraque 
Toute en fleurs, du mois de mai. 

Il contait au pot aux roses 
Un effronté boniment, 
Car il faut de grosses choses 
Pour faire rire un flamand. 

Sur une patte, et l’air farce, 
Et comme on vide un panier, 
Il jetait sa verve éparse 
De son toit à mon grenier.

Gare au mauvais goût des merles !
J’omets ses propos hardis ;
Son bec semait peu de perles ;
Et moi, rêveur, je me dis :

La minute est opportune ;
Je suis à m’éprendre enclin ;
Puisque j’ai cette fortune 
De rencontrer un malin, 

Il faut que je le consulte 
Sur ma conquête d’hier.
Et je criai : — Merle adulte, 
Sais-tu pourquoi je suis fier ?

Il dit, gardant sa posture, 
Semblable au diable boiteux :
— C’est pour la même aventure 
Dont Gros-Guillaume est honteux. 

Victor Hugo

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.