Lorsque vous traduisez, juges, à votre barre,
La Révolution, qui fut dure et barbare
Et féroce à ce point de chasser les hiboux ;
Qui, sans respect, fakirs, derviches, marabouts,
Molesta tous les gens d'église, et mit en fuite,
Rien qu'en les regardant, le prêtre et le jésuite,
La colère vous prend.

Oui, c'est vrai, désormais
L'homme-roi, l'homme-dieu, fantômes des sommets,
S'effacent, revenants guerriers, goules papales ;
Un vent mystérieux souffle sur ces fronts pâles ;
Et vous, le tribunal, vous êtes indignés.
Quel deuil ! les noirs buissons de larmes sont baignés ;
Les fêtes de la nuit vorace sont finies ;
Le monde ténébreux râle ; que d'agonies !
Il fait jour, c'est affreux ! et la chauve-souris
Est aveugle, et la fouine erre en poussant des cris ;
Le ver perd sa splendeur ; hélas, le renard pleure ;
Les bêtes qui le soir allaient chasser, à l'heure
Où le petit oiseau s'endort, sont aux abois ;
La désolation des loups remplit les bois ;
Les spectres opprimés ne savent plus que faire ;
Si cela continue, et si cette lumière
Persiste à consterner l'orfraie et le corbeau,
Le vampire mourra de faim dans le tombeau ;
Le rayon sans pitié prend l'ombre et la dévore... -

O juges, vous jugez les crimes de l'aurore.


Victor Hugo

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Johann