Le soleil des beaux yeux ne brûle que l’été.
Plus tard il s’affaiblit ; plus tôt, il faut attendre :
C’est un rayon d’avril, pâle encor et trop tendre,
N’échauffant que la grâce au lieu de la beauté.

Au solstice de l’âge un instant arrêté,
C’est un feu qui ferait revivre un cœur en cendre
Une flamme dorant, avant que de descendre,
L’épanouissement de la maturité.

Pourtant, un jour plus doux tremble dans l’aube blanche ;
On dirait que du sein de l’ombre qui l’épanche,
Mystérieux, il garde encore de la nuit.

Le ciel profond n’a pas dépouillé tous ses voiles ;
Parmi l’azur il semble oublier des étoiles,
Et dans les yeux de vierge une aube monte et luit. 1869
19ème siècle
Albert Mérat

Le Sonnet du cou


Un grain d’ambre fondant et roulant dans du lait
Ou la goutte de miel d’une abeille importune,
Un éclair de soleil dans un rayon de lune,
Un peu d’or sous la peau pris comme en un filet,

Voilà les tons subtils du cou, si l’on voulait
L’avouer, que l’on soit blonde, châtaine ou brune.
Mais le contraste fait la neige sur chacune
Des épaules plus blanche, et le charme est complet.

Droit, il porte au repos, comme une fleur insigne,
La tête, puis se penche onduleux ; et le cygne,
S’il avait cette grâce, aurait ce cou charmant ;

Puis se renverse avec la bouche qui se pâme,
Et trahit, sous l’effort d’un léger battement,
Dans sa réalité le doux souffle de l’âme.


Albert Mérat

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.