Sur le sable du Nil où gisaient ces armures,
Mon pied poudreux heurtait des ossements humains ;
Le vent y modulait de sinistres murmures,
Le chacal déterrait des crânes et des mains.

Le bras s'est desséché, le sable brille encore :
Voyez comme avec l'or l'acier se mariant
Dessine en clous d'azur, sur le fer qu'il décore,
L'arabesque émaillé du splendide Orient !

Pourquoi vous étonner de ces rubans de moire,
Des éclairs serpentant sur ces lames de feu ?
Les héros d'autrefois se paraient pour la gloire ;
Le fer était leur joie, et le combat leur jeu.

Ce sont là les bijoux dont l'homme des batailles,
Excitant du clairon son coursier hennissant,
Avant de l'embrasser fête ses fiançailles
Avec la belle mort qu'il cherche au lit de sang.


Sur le sable du Nil où gisaient ces armures,
Mon pied poudreux heurtait des ossements humains ;
Le vent y modulait de sinistres murmures,
Le chacal déterrait des crânes et des mains.

Le bras s'est desséché, le sable brille encore :
Voyez comme avec l'or l'acier se mariant
Dessine en clous d'azur, sur le fer qu'il décore,
L'arabesque émaillé du splendide Orient !

Pourquoi vous étonner de ces rubans de moire,
Des éclairs serpentant sur ces lames de feu ?
Les héros d'autrefois se paraient pour la gloire ;
Le fer était leur joie, et le combat leur jeu.

Ce sont là les bijoux dont l'homme des batailles,
Excitant du clairon son coursier hennissant,
Avant de l'embrasser fête ses fiançailles
Avec la belle mort qu'il cherche au lit de sang.


Alphonse de Lamartine

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