Pauvre harpe du barde, au lambris suspendue,
Tu dormais, dès longtemps poudreuse et détendue.
D’un souffle vagabond la brise de la nuit
Sur ta corde muette éveille un léger brait :
Telle dort en mon sein cette harpe cachée,
Et que seule la Muse a quelquefois touchée.
Alors qu’un mot puissant, un songe, un souvenir,
Une pensée errante et douce à retenir,
L’effleurent en passant d’une aile fugitive,
Elle vibre soudain ; et mon âme attentive,
Émue à cet accord qui se perd dans les cieux,
Garde du son divin l’écho mélodieux.


Amable Tastu

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