C’est en Norvège que l’eider habite, — là il fréquente les fjords couleur de plomb.

Il dépouille sa gorge de son duvet moelleux, — et construit son nid chaud dans un abri.

Mais le pêcheur du fjord a un bâton noueux et trempé, — il va piller le nid, pille jusqu’au dernier flocon.

La pêcheur est cruel, mais l’oiseau persévère, — il arrache les plumes de sa propre poitrine.

Et de nouveau si on le dévalise, l’oiseau garnit encore sa retraite — dans un coin bien caché.

Pourtant, lorsqu’une troisième fois on vole son trésor suprême — l’eider déploie ses ailes alors, par une nuit de printemps,

S’envole et fend la brume de sa gorge sanglante, — vers le Sud, vers le Sud, jusqu’aux rives ensoleillées.


Henrik Ibsen

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