Ma mère, je suis las, et le jour va finir :
Sur ton sein bien-aimé laisse-moi m’endormir.
Mais cache-moi tes pleurs, cache-moi tes alarmes :
Tristes sont tes soupirs, brûlantes sont tes larmes.
J’ai froid. Autour de nous regarde : tout est noir ;
Mais lorsque je m’endors, c’est un bonheur de voir
L’ange au front rayonnant qui devant moi se lève,
Et les rayons dorés qui passent dans mon rêve.

N’entends-tu pas des chants, des chants harmonieux,
Tels qu’un jour nous devons en écouter aux cieux ?
L’ange est à mes côtes ; il m’appelle, il m’attire ;
Je l’entends qui me parle, et je le vois sourire.
Je vois de tous côtés d’admirables couleurs :
C’est l’ange aux ailes d’or qui me jette des fleurs.
Dans ce monde, ma mère, aurai-je aussi des ailes ?
Ou bien faut-il mourir pour les avoir si belles ?

Pourquoi me presses-tu tristement dans tes bras ?
Pourquoi ces longs soupirs que je ne comprends pas ?
Pourquoi ces pleurs ardents sur ta joue enflammée ?
Oh ! tu seras toujours ma mère bien-aimée.
Mais, je t’en prie encor, ne pleure pas ainsi.
Si je te vois souffrir, hélas ! je souffre aussi.
J’ai mal, et la douleur assoupit ma paupière.
Adieu. L’ange m’embrasse. Adieu, ma pauvre mère.


Hans Christian Andersen

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Johann