Les chaulx soupirs de ma flamme incongnue
Ne sont soupirs, et telz ne les veulx dire,
Mais bien un vent : car tant plus je soupire,
Moins de mon feu la chaleur diminue.

Ma vie en est toutesfois soutenue,
Lors que par eulx de l’ardeur je respire,
Ma peine aussi par eulx mesmes empire,
Veu que ma flamme en est entretenue.

Tout cela vient de l’Amour, qui enflamme
Mon estommac d’une eternelle flamme,
Et puis l’evente au tour de luy volant.

O petit Dieu, qui terre, et ciel allumes !
Par quel miracle en feu si violant
Tiens-tu mon cœur, et point ne le consumes ?

Joachim du Bellay

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