Quand des cloches du soir la voix mélancolique
Rappelle à sons plaintifs, sous leur chaume rustique,
Le pâtre et ses troupeaux dans les champs dispersés ;
De mes ans révolus le souvenir s'éveille ;
Et dans les voix du soir je crois prêter l'oreille
A la voix de mes jours passés.

Où sont mes jeux d'enfant ? Craintives hirondelles,
Vers des climats d'azur ouvrant leurs faibles ailes,
Avec mes beaux printemps ils se sont envolés ;
Ils ont craint des hivers les haleines trop rudes...
Oh ! revenez parfois peupler mes solitudes
Doux fantômes des jours passés !

Où sont mes compagnons d'amour et de jeunesse ?
Le ciel qui les aimait a trahi sa promesse ;
Les meilleurs dans la mort reposent embrassés ;
De ceux qui restent l'âme est oublieuse et fière...
Rappelez à mon cœur leur tendresse première
Douces voix de mes jours passés !

Où donc est cette enfant toute blonde et naïve
Que j'aimais jeune encor d'une amitié si vive ?
Du sentier des douleurs ses pas sont effacés ;
Et des cloches du soir, dans ta sombre demeure,
Tu n'entends plus la voix qui vibre et qui te pleure,
Doux sylphe de mes jours passés !

O cloche, qui jadis, comme une sainte mère,
Me rappelais la nuit pour dire ma prière ;
Quand la chaleur fuira de mes membres glacés,
Que ton accent plaintif m'arrive et me console ;
Au ciel avec tes sons que mon âme s'envole,
Douce voix de mes jours passés !


Auguste Lacaussade

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