Je sais une rive sereine
Qui, sur un frais lit de roseaux,
S’endort au chant de la sirène,
Et s’éveille au chant des oiseaux.
Pays de douce nonchalance,
Où le hamac toujours balance
A l’ombre des verts bananiers,
Son heureuse indolence
Aux souffles printaniers !

Je sais une ville rieuse,
Aux enivrements infinis,
Qui, fantasque et mystérieuse,
Règne sur ces climats bénis ;
Ville où l’orange et la grenade
Parfument chaque promenade ;
Où, tous les soirs, les amoureux
Chantent la sérénade
Sous des balcons heureux.

Je sais une femme divine,
Au teint pâle, aux yeux auditions,
Si belle que chacun devine
Que le ciel même en soit jaloux :
C’est la brune Louisianaise,
Dont la splendeur brille à son aise
Dans cet éternel messidor :
Toile de Véronèse
Dans un beau cadre d’or !


Louis Fréchette

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