Vous étiez là, Louise ; et vous savez sans doute
Ce que mon cœur rêva tout le long de la route.


C’était un soir d’été, calme et silencieux,
Un de ces soirs charmants qui font rêver aux cieux,
Un soir par et serein. Les vastes solitudes
Semblaient prêter l’oreille aux étranges préludes,
Aux premiers sons perdus du sublime concert
Que l’orchestre des nuits dit au vent désert.
Le firmament s’ornait de brillants météores ;
La brise roucoulait dans les sapins sonores
Et les petits oiseaux, dans le duvet des nids,
Chantaient sous l’œil de Dieu leurs autours infinis !


Vous étiez là, Louise ; et vous savez sans doute
Ce que mou cœur disait tout le long de la route,

Les arbres du chemin, sous les baisers du vent,
Secouaient sur nos fronts leur éventail mouvant
De feuilles, où perlaient des gouttes de rosée
Qui troublaient du ruisseau la surface irisée ;
Et tous quatre, égrenant, sans songer au sommeil,
Des heures delà nuit le chapelet vermeil,
Noue cheminions gaîment, — ô bonheurs éphémères ! —
L’âme dans le ciel bien, le front dans les chimères...
Et moi, tout rajeuni, j’écoutais plein d’émoi
Les chœurs harmonieux qui s’éveillaient eu mai.


Vous étiez là, Louise ; et vous savez sans doute
Ce que mon cœur chantait tout le long de la route.

Soudain, au flanc moelleux d’un image qui dort,
La lune, dans le ciel, montre sa corne d’or...
C’est l’heure des adieux, cette heure solennelle
Où l’Ange des regrets emportai sur son aile,
Pour que notre bonheur ne dure pas toujours,
Les rêves de jeunesse et les serments d’amours !
Il fallait nous quitter... Longtemps nous hésitâmes,
Comme si nous laissions quelque part de nos âmes.
La brise du matin soufflait dans les tilleuls :
Longs furent les adieux ; — puis nous revînmes seuls.


Vous n’étiez plus là, non ; mais vous savez sans doute
Que mon cœur soupira tout le long de la route !


Louis Fréchette

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