Un jour, errant, perdu dans un désert sans borne,
Un pâle voyageur cheminait lentement ;
Autour de lui dormait la solitude morne,
Et le soleil brûlait au fond du firmament.

Pas une goutte d’eau pour sa lèvre en détresse !
Pas un ombrage frais ! pas un souffle de vent !
Nulle herbe, nul gazon ; et la plaine traîtresse
N’offre à son pied lassé que du sable mouvant.

Il avance pourtant ; mais la route s’allonge ;
Il sent à chaque pas son courage tarir ;
Un nombre désespoir l’envahit quand il songe
Qu’il va falloir bientôt se coucher pour mourir.

Il se roidit en vain sous le poids qui l’accable ;
Il marche encore, et puis s’arrête épouvanté ;
Sur son sein haletant, cauchemar implacable,
Il sent avec effroi peser l’immensité !

Fatigué de sonder l’horizon qu’il implore,
Sans forée, il tombe enfin sur le sable poudreux ;
Et son regard mourant semble chercher encore
Les vertes oasis et leurs palmiers ombreux.

Voyageurs égarés au désert de la vie.
Combien de malheureux, vaincus par la douleur,
Dans leur illusion sans cesse poursuivie,
Meurent sans avoir vu l’oasis du bonheur !


Louis Fréchette

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