Les petites blanchisseuses
Que l'on voit, chaque lundi,
Aux pratiques paresseuses
Porter le linge à midi,

Bien qu'elles fassent paraître
Des semblants de chasteté,
Ne me font pas l'effet d'être
Des vases de pureté.

Leurs cheveux qui s'ébouriffent
Sollicitent l'attentat :
Ne craignez pas qu'elles griffent...
Une fille est un combat.

Elles ont des airs de sainte,
Et des cris dans un coup d'œil,
Avec leur bonnet de linge
Et leur robe de cerfeuil.

Sur la hanche qui supporte
Un panier exagéré,
Leur jambe se fait plus forte,
Leur pied se fait moins cambré.

Jusqu'au coude, mainte essence
Rougit leur pauvre bras nu,
Mais plus haut le blanc commence
Et dès lors ne finit plus.

Pour un faux col qu'on oublie.
Elles se baissent... Bientôt,
Sous la robe qui se plie,
La main se glisse très haut...

Et pour peu que, d'un air tendre,
On dirige un doigt savant,
On les voit se laisser prendre
Le derrière et le devant

Dire que ces jolis diables
Ont, — lâchons un trait hardi ! —
Quinze à vingt courses semblables
A faire chaque lundi !


Charles Monselet

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