Ils rendent à Dagon leurs devoirs négligés.
Le dieu, peu rancunier, sourit à leur hommage.
Dans son temple superbe, et devant son image,
Ils se gorgent de vins aux festins obligés.

Ils ne gémissent plus comme des affligés,
Mais ils chantent l'amour. C'est un joyeux chômage.
La nation perverse ainsi se dédommage
De la honte subie et des maux infligés.

Au milieu de l'enceinte et sous les draperies,
Samson, les yeux crevés, souffre leurs moqueries,
Pendant que Dalila joue avec ses cheveux.

Depuis assez longtemps en silence il expie.
Sa force est revenue, et de son bras nerveux
Il fait crouler le toit sur cette foule impie.


Léon-Pamphile Le May

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