Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de François Villon, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs anthologies de la poésie française que j’ai pu lire.

François de Montcorbier (1431-?), dit Villon, est un poète français du moyen Âge. Il a une vie tumultueuse et échoue à faire carrière à la cour de Charles d'Orléans. Condamné à la pendaison (1463), il est finalement banni et disparaît. Son oeuvre publiée ensuite a du succès, notamment Le Testament.

Les versions originales des poèmes de Villon sont très difficiles à comprendre. Sa langue et sa prononciation étaient complètement différentes des nôtres.

La Ballade des dames du temps jadis, du recueil Le Testament, est le poème le plus beau et célèbre de François Villon. Cette ballade lyrique et mélancolique, composée de trois huitains et un quatrain en octosyllabes, évoque le temps qui passe au travers des destins de 12 femmes célèbres décédées.

Voici le meilleur de la poésie de François Villon.

Plus de Poésie Gratuite sur Poetica Mundi

- Coloriage et écriture créative : Profitez des bienfaits de ces activités.
- Livres numériques : Anthologies et recueils célèbres.
- Poésie à encadrer : Poèmes à imprimer.
- Newsletter : Poèmes par e-mail.
- Poetica Mundi sur YouTube et Instagram.

Ballade des dames du temps jadis - François Villon

Dites-moi où, en quel pays
Est Flora, la belle romaine,
Alcibiade, et Thaïs
Qui fut sa cousine germaine ?
La nymphe Écho, parlant quant on fait du bruit
Au-dessus d'une rivière ou d'un étang
Et eut une beauté surhumaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très savante Héloïse
Pour qui fut châtré Pierre Abélard
Puis se fit moine à Saint-Denis ?
Pour son amour, il souffrit cette blessure.
De même, où est la reine
Qui ordonna que Buridan
Fût enfermé dans un sac et jeté à la Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La reine blanche comme un lys
Qui chantait avec la voix d'une sirène,
Berthe au Grand Pied, Béatrice, Alix,
Erembourg qui gouverna le Maine,
Et Jeanne, la bonne lorraine
Que les Anglais brûlèrent à Rouen,
Où sont-elles, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, ne demandez cette semaine
Ou cette année, où elles sont,
De crainte qu'on ne vous rappelle ce refrain :
Mais où sont les neiges d'antan ?

Ballade des pendus - François Villon

La Ballade des pendus est un poème célèbre de François Villon. Cette grande ballade macabre aurait été écrite en prison lorsque le poète, condamné à la suite d’une rixe, attendait son exécution par pendaison. Ce poème médiéval sur le thème de la rédemption est surtout un appel à la charité chrétienne.

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Mort, j'appelle de ta rigueur - François Villon

Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :

Onc puis n'eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-elle en vie,
Mort ?

Deux étions et n'avions qu'un cœur ;
S'il est mort, force est que dévie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par cœur,
Mort !

Quand je considère ces têtes - François Villon

Quand je considère ces têtes
Entassées en ces charniers,
Tous furent maitres des requêtes,
Au moins de la Chambre aux Deniers,
Ou tous furent portepaniers :
Autant puis l’un que l’autre dire,
Car d’évêques ou lanterniers,
Je n’y connois rien à redire.

Ballade pour prier Notre Dame - François Villon

Dame du ciel, régente terrienne,
Emperière des infernaux palus,
Recevez-moi, votre humble chrétienne,
Que comprise soie entre vos élus,
Ce nonobstant qu'oncques rien ne valus.
Les biens de vous, ma Dame et ma Maîtresse
Sont bien plus grands que ne suis pécheresse,
Sans lesquels biens âme ne peut mérir
N'avoir les cieux. Je n'en suis jangleresse :
En cette foi je veuil vivre et mourir.

A votre Fils dites que je suis sienne ;
De lui soient mes péchés abolus ;
Pardonne moi comme à l'Egyptienne,
Ou comme il fit au clerc Theophilus,
Lequel par vous fut quitte et absolus,
Combien qu'il eût au diable fait promesse
Préservez-moi de faire jamais ce,
Vierge portant, sans rompure encourir,
Le sacrement qu'on célèbre à la messe :
En cette foi je veuil vivre et mourir.

Femme je suis pauvrette et ancienne,
Qui riens ne sais ; oncques lettres ne lus.
Au moutier vois, dont suis paroissienne,
Paradis peint, où sont harpes et luths,
Et un enfer où damnés sont boullus :
L'un me fait peur, l'autre joie et liesse.
La joie avoir me fais, haute Déesse,
A qui pécheurs doivent tous recourir,
Comblés de foi, sans feinte ne paresse :
En cette foi je veuil vivre et mourir.

Vous portâtes, digne Vierge, princesse,
Iésus régnant qui n'a ni fin ni cesse.
Le Tout-Puissant, prenant notre faiblesse,
Laissa les cieux et nous vint secourir,
Offrit à mort sa très chère jeunesse ;
Notre Seigneur tel est, tel le confesse :
En cette foi je veuil vivre et mourir.

J’espère de cette sélection des poèmes les plus beaux et les plus connus de François Villon vous a plu. Pour découvrir plus d’œuvres de ce poète sur Poetica Mundi, n’hésitez pas à utiliser le lien ci-dessous.

Voir tous les poèmes de François Villon.

Ce poète fait partie de ma sélection des 31 poètes français célèbres incontournables. Pour découvrir les 30 autres et leurs plus beaux poèmes, n’hésitez pas à cliquer sur le lien.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème sélectionné au hasard.

Plus de Poésie Gratuite sur Poetica Mundi

- Coloriage et écriture créative : Profitez des bienfaits de ces activités.
- Livres numériques : Anthologies et recueils célèbres.
- Poésie à encadrer : Poèmes à imprimer.
- Newsletter : Poèmes par e-mail.
- Poetica Mundi sur YouTube et Instagram.

Merci de me permettre de vous offrir plus de 16000 poèmes, de la poésie sur YouTube et des activités de méditation créatrice !

Blogueur et amateur de poésie, je suis heureux de pouvoir partager notre belle poésie française avec mes lecteurs. Qu'elle fasse partie de votre quotidien comme elle fait partie du miens et vous apporte de la détente et de la joie.
Johann - Poetica Mundi