Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes français les plus célèbres et les plus beaux sur l'été, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs anthologies de la poésie française que j’ai pu lire.

Voici le meilleur de la poésie sur l'été.

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Le temps des cerises - Jean-Baptiste Clément

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête ;
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur…
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles !
Cerises d'amour, aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang …
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
Évitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises ;
C'est de ce temps là que je garde au cœur
Une plaie ouverte ;
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.

Sensation - Arthur Rimbaud

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Allégorie - Paul Verlaine

Despotique, pesant, incolore, l'Eté,
Comme un roi fainéant présidant un supplice,
S'étire par l'ardeur blanche du ciel complice
Et bâille. L'homme dort loin du travail quitté.

L'alouette au matin, lasse, n'a pas chanté,
Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse
Ou ride cet azur implacablement lisse
Où le silence bout dans l'immobilité.

L'âpre engourdissement a gagné les cigales
Et sur leur lit étroit de pierres inégales
Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus.

Une rotation incessante de moires
Lumineuses étend ses flux et ses reflux...
Des guêpes, çà et là, volent, jaunes et noires.

Les fourriers d'Eté sont venus - Charles d'Orléans

Les fourriers d'Eté sont venus
Pour appareiller son logis,
Et ont fait tendre ses tapis,
De fleurs et verdure tissus.

En étendant tapis velus,
De vert herbe par le pays,
Les fourriers d'Eté sont venus
Pour appareiller son logis.

Cœurs d'ennui piéça morfondus,
Dieu merci, sont sains et jolis ;
Allez-vous-en, prenez pays,
Hiver, vous ne demeurez plus ;
Les fourriers d'Eté sont venus.

Midi - Charles-Marie Leconte de Lisle

Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.

L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre,
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,
Dort là-bas, immobile, en un pesant repos.

Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée,
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.

Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,
Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,
Une ondulation majestueuse et lente
S'éveille, et va mourir à l'horizon poudreux.

Non loin, quelques bœufs blancs, couchés parmi les herbes,
Bavent avec lenteur sur leurs fanons épais,
Et suivent de leurs yeux languissants et superbes
Le songe intérieur qu'ils n'achèvent jamais.

Homme, si, le cœur plein de joie ou d'amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n'est vivant ici, rien n'est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l'oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Juin - Louis-Honoré Fréchette

L'été met des fleurs à sa boutonnière ;
Au fond des taillis et dans les roseaux,
Ivres de soleil, les petits oiseaux
Entonnent en chœur l'hymne printannière ;

Sur les clairs sommets, les champs et les eaux,
Tombent de l'azur des jets de lumière ;
Au nid, au palais et sous la chaumière,
Le parfait amour tourne ses fuseaux.

Sous les bois touffus la source murmure ;
La brise en jouant berce la ramure ;
Le papillon vole au rosier fleuri ;

Tout chante, s'émeut, palpite, étincelle…
Transports infinis ! joie universelle !
À son créateur la terre a souri !

Juin - William Chapman

Très tard le soleil sombre à l’horizon fumant,
Qui garde dans la nuit ses luisantes traînées.
Le fécond Prairial sous un clair firmament
Prodigue la splendeur des plus longues journées.

Une flamme de vie emplit l’immensité.
Le bleu de l’eau miroite. Adieu la nostalgie !
L’Été s’épanouit dans toute sa beauté,
Dans toute sa verdeur et toute sa magie.

Des vagues de lumière inondent les halliers ;
Les oiseaux de leurs chants enivrent les bocages,
Et, gais et turbulents comme eux, les écoliers
― Les vacances ont lui ― s’évadent de leurs cages.

Sur les arbres, les fleurs, les ondes, les sillons,
Partout nous entendons vibrer l’âme des choses.
Nous voyons par milliers éclore papillons,
Anémones et lis, trèfles, muguets et roses.

Et l’écureuil criard et le bouvreuil siffleur
De nos vastes forêts font tressaillir les dômes.
Les pruniers, les sureaux, les pommiers, sont en fleur,
Et nul mois canadien ne verse autant d’arômes.

Des souffles caressants frangent nos grandes eaux.
Un invisible encens flotte sur chaque grève ;
Et, tels les pins, les foins, les mousses, les roseaux,
Nous sentons en nous plus de chaleur, plus de sève.

Nous aimons mieux nos bois, nos champs ; nous aimons mieux
Nos pères, dont le culte à nos foyers persiste.
Et dans l’air embaumé vibre l’écho joyeux
Des chants et des vivats de la Saint-Jean-Baptiste.

Dimanche de juin - François Coppée

Nul ne sait s’amuser que les petites gens,
Dont le repos plus rare a la gaîté plus franche.
Je m’en vais aujourd’hui ― c’est l’été, c’est dimanche ! ―
Laisser mes prétendus plaisirs intelligents.

Ma mignonne, les nids vibrent de joyeux chants ;
Dans le ciel enivré la lumière s’épanche.
Je veux, par les blés verts, suivre ta robe blanche,
Et cueillir avec toi de gros bouquets des champs.

Car, toi, tu sors du peuple, et jadis, pauvre fille,
Cachant sous tes gants frais des piqûres d’aiguille,
Tu connus la valeur des dimanches d’été.

A toi seule je dois quelques heures fleuries.
En route, et plantons là mes vaines rêveries.
Le bon soleil et toi, voilà la vérité !

Nuits de juin - Victor Hugo

L'été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l'oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu'à demi d'un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l'ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l'aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

Façons de parler façons de voir III - Paul Éluard

Nous sommes en Juin, la fête est dans tout son éclat, la nudité première, gracile et satinée, entre dans ma chambre. L'été est simple, il faut se confier à l'été. Tout s'élance et s'envole et s'allume.

Été - Théodore de Banville

On dit à ce cruel Été,
Qui tanne la peau des gorilles :
Tu nous endors, comme un Léthé ;
Puis tu nous cuis et tu nous grilles.

Nous vivons, grâce à ton aplomb
Comme la colombe et les ânes,
Sous une calotte de plomb
Qui fond les cerveaux dans les crânes.

Été cruel, chacun se tut
Devant ton affreux monopole ;
Car on sent, comme à l'Institut,
L'étouffement d'une coupole.

Pourquoi remplir nos vastes cieux
De ton caprice et de tes rages ?
Quel appareil prétentieux
De fournaise et de faux orages !

Ces orages, que tu prends soin
De balayer avec ta robe,
Filent, et puis s'en vont très loin,
Comme un caissier qui se dérobe.

Effarouchant les astres bleus
Effarés dans leur vol magique,
On ne sait jamais si tu pleus
Ou non. Rouge Été, sois logique.

Écoute-nous, dans tes donjons !
Nous voulons, moyennant des sommes,
Savoir si c'est nous qui mangeons
Les biftecks, ou si nous les sommes.

Or, le féroce Été répond :
Homme, instruit jadis par la Muse,
La foire n'est pas sur le pont.
Je suis un roi. Le roi s'amuse.

Avant de manger les cerneaux,
Comme il est bon que l'homme souffre,
J'ai repris dans mes arsenaux
L'ouragan, la pluie et le soufre.

J'étale ainsi mon gai savoir
Et je sais égayer ma rate ;
Et je ris, lorsque après avoir
Balancé, mon dénoûment rate.

Comme en un désert libyen,
J'ai tari les mourantes sources.
Mais que voulez-vous ? il faut bien
Que l'on connaisse mes ressources.

Mon sourcil, quand je le fronçais,
A fait gémir la terre noire.
Comme Claretie aux Français,
Je reprends mon vieux répertoire.

Accrochant l'éther sur mes pas,
Je ne tonne pas, et je tonne.
Puis je pleus, et je ne pleus pas.
Voilà donc ce qui vous étonne ?

Je fleuris la rose et le lys.
Je sais charmer autant que nuire ;
Je fais un Alger de Senlis
Et, j'en conviens, j'aime à vous cuire.

Cependant on doit m'héberger !
Tout cela n'est pas une pose.
Je le fais pour monsieur Berger
Et pour monsieur Alphand. — J'expose !

Thermidor - Sabine Sicaud

Des lézards et des chats suis-je la sœur ?
D’où me vient cet amour des pierres chaudes
Et de ce plein soleil où rôdent
Comme des taches de rousseur ?

Insectes roux, lumière vive
Qui force les yeux à cligner ;
Ample été dont on est baigné
Sans qu’un frisson d’air vous arrive !

La pierre brûle sous les doigts. Le sable en feu
Parle d’Afrique à l’herbe sèche.
Une odeur d’encens et de pêche
Parle d’Asie au cèdre bleu.

L’insecte : abeille, moucheron, cétoine,
Puceron fauve, agrion d’or,
Sur chaque brindille s’endort.
Il fait rouge sous les pivoines.

Il fait jaune dans les yeux clairs
Du lézard, mon frère, qui bâille.
Prends garde aux yeux clairs des murailles,
Insecte roux, brun, rouge ou vert !

Et toi, lézard, prends garde aussi… prends garde
Au chat noir qui dort, à l’envers,
Paupière close et poings ouverts,
Une oreille molle en cocarde…

Savons-nous de quoi sont tigrés,
Jaspés, striés, vos regards d’ambre,
Frères dont s’étirent les membres
Sur ma pierre au lichen doré ?

Je voudrais que ce soit du soleil en paillettes
Qui flambe seulement dans les petits lacs blonds
De vos yeux somnolents où midi se reflète !

Dans mes yeux qui sont bleus, même un peu gris au fond,
Mes yeux à moi, je sais bien ce que mettent
Les rayons d’un été me traversant le front.

Même les cils rejoints, même faisant de l’ombre
Avec mes doigts serrés devenus transparents,
C’est comme un incendie aux trous d’un rideau sombre !

Tout l’or des joailliers, des princes d’Orient,
Peuple mes yeux fermés d’étoiles qui s’obstinent…

Lézards, mes compagnons, chats dormants qu’hallucine
La ronde du soleil contre le mur ardent,
Me direz-vous jamais ce que voit en dedans
– Ce que voit dans la nuit qui descend en sourdine –
Votre œil clair de chasseurs que juillet hallucine ? …

La chanson de juillet - Joseph Autran

Je suis l'été riche et superbe,
La saison des brûlants soleils,
Jusqu'au genou, plongé dans l'herbe,
Je me couronne d'une gerbe,
Pleine de fleurs aux tons vermeils !

Que dans sa nuit, vieillard sauvage,
L'hiver grelotte sur un feu :
Rêvant les rêves du bel âge,
De ma cabane de feuillage,
Moi, je souris au grand ciel bleu.

Je viens, et la gaîté s'allume ;
Je la fais naître d'un coup d'œil ;
Et tout s'en va, comme l'écume,
Au ciel ce qu'il restait de brume,
Au cœur ce qu'il restait de deuil.

J'arrive, et toute voix me chante ;
Chacun se dit : voici l'été !
S'il est des maux, je les enchante ;
Et l'âme enfin la plus méchante
Me prend un peu de ma bonté !

Arrière les soucis moroses,
Et les misères et la faim !
Prodiguant au loin toutes choses,
Aux riches j'apporte les roses,
Aux indigents j'offre le pain !

Par moi le banquet recommence,
Etalé sur les gazons verts :
Venez, convives en démence ;
Je suis, dans ma largesse immense,
L'amphitryon de l'univers !

Dans mes retraites inconnues,
Venez, sans voile sur le sein,
Nymphes des bois, dryades nues !
Sous le regard des chastes nues,
Plongez-vous dans mon clair bassin !

Aux bois, dans l'ombre tiède et rare,
Venez dormir, couples d'amants !
De mille fleurs le sol se pare :
Voilà le lit que je prépare
A vos féconds embrassements !

Dans le hallier, dans la charmille,
Que tout se livre à ses amours.
Je suis le Père de famille,
Par qui tout aime et tout fourmille
Et tout bénit l'auteur des jours !

Les Soleils de Juillet - Auguste Lacaussade

Les voici revenus, les jours que vous aimez,
Les longs jours bleus et clairs sous des cieux sans nuage.
La vallée est en fleur, et les bois embaumés
Ouvrent sur les gazons leur balsamique ombrage.
Tandis que le soleil, roi du splendide été,
Verse tranquillement sa puissante clarté,
Au pied de ce grand chêne aux ramures superbes,
Amie, asseyons-nous dans la fraîcheur des herbes ;
Et là, nos longs regards perdus au bord des cieux,
Allant des prés fleuris dans l’éther spacieux,
Ensemble contemplons ces beaux coteaux, ces plaines
Où les vents de midi, sous leurs lentes haleines,
Font des blés mûrissants ondoyer les moissons.
Avec moi contemplez ces calmes horizons,
Ce transparent azur que la noire hirondelle
Emplit de cris joyeux et franchit d’un coup d’aile ;
Et là-bas ces grands bœufs ruminants et couchés,
Et plus loin ces hameaux d’où montent les clochers,
Et ce château désert, ces croulantes tourelles,
Qu’animent de leur vol les blanches tourterelles,
Et ce fleuve paisible au nonchalant détour,
Et ces ravins ombreux, frais abris du pâtour,
Et tout ce paysage, heureux et pacifique,
Où s’épanche à flots d’or un soleil magnifique ! …

O soleils de juillet ! ô lumière ! ô splendeurs !
Radieux firmament ! sereines profondeurs !
Mois puissants qui versez tant de sèves brûlantes
Dans les veines de l’homme et les veines des plantes,
Mois créateurs ! beaux mois ! je vous aime et bénis.
Par vous les bois chargés de feuilles et de nids,
S’emplissent de chansons, de tiédeurs et d’arômes.
Les arbres, dans l’azur ouvrant leurs larges dômes,
Balancent sur nos fronts avec l’encens des fleurs
Les voix de la fauvette et des merles siffleurs.
Tout est heureux, tout chante, ô saison radieuse !
Car tout aspire et boit ta flamme glorieuse.
Par toi nous vient la vie, et ta chaude clarté
Mûrit pour le bonheur et pour la volupté
La vierge, cette fleur divine et qui s’ignore.
Dans les vallons d’Éden, sereine et pure encore,
Sous tes rayons rêvant son rêve maternel,
A l’ombre des palmiers Ève connût Abel.
Abel dans ses enfants en garde souvenance.
Aussi, quand brûle au ciel ta féconde puissance,
O mère des longs jours ! lumineuse saison !
Oubliant tout, Caïn, l’ombre, la trahison,
La race enfant d’Abel, fille de la lumière,
Race aimante et fidèle à sa bonté première,
Avec l’onde et la fleur, avec le rossignol,
Ce qui chante dans l’air ou fleurit sur le sol,
S’en va disant partout devant ta clarté blonde :
" Combien tous les bons cœurs sont heureux d’être au monde ! "

Et moi, je suis des leurs ! Épris d’azur et d’air,
Quand ton astre me luit dans le firmament clair,
Avant midi j’accours, sous l’arbre où tu m’accueilles,
Saluer en plein bois la jeunesse des feuilles !
Là, dans l’herbe caché, seul avec mes pensers,
J’ai bien vite oublié les mauvais jours passés.
Sous les rameaux lustrés où ta clarté ruisselle,
Je bois en paix ma part de vie universelle.
Les sens enveloppés de tes tièdes réseaux,
J’écoute autour de moi mes frères les oiseaux ;
Avec l’herbe et l’insecte, avec l’onde et la brise,
Sympathique rêveur, mon esprit fraternise.
Voilé d’ombre dorée et les yeux entr’ouverts,
L’âme pleine d’accords, je médite des vers.
Mais si, comme aujourd’hui, ma pâle bien-aimée
M’a voulu suivre au bois, sous la haute ramée,
Si ma charmante amie aux regards veloutés
A voulu tout un jour, pensive à mes côtés,
Oubliant et la ville et la vie et nos chaînes,
Boire avec moi la paix qui tombe des grands chênes ;
Sur les mousses assis, mon front sur ses genoux,
Plongeant mes longs regards dans ses regards si doux,
Ah ! je ne rêve plus de vers ! … Sous son sourire
Chante au fond de mon âme une ineffable lyre ;
Et des arbres, des fleurs, des grâces de l’été,
Mon œil ne voit, mon cœur ne sent que sa beauté !
Et dans ses noirs cheveux glissant un doigt timide,
J’y pose en frémissant quelque beau lys humide ;
Et, muet à ses pieds, et sa main sur ma main,
J’effeuille vaguement des tiges de jasmin ;
Et leur vive senteur m’enivre, et sur notre âme
Comme un vent tiède passe une haleine de flamme ! …

O flammes de juillet ! soleils de volupté !
Saveur des baisers pris dans le bois écarté !
O chevelure moite et sous des mains aimées
S’épandant sur mon front en grappes parfumées !
Des fleurs sous la forêt pénétrante senteur,
Arbres de feux baignés, heures de molle ardeur,
Heures où sur notre âme, ivre de solitude,
Le calme des grands bois règne avec plénitude ;
Tranquillité de l’air, soupirs mystérieux,
Dialogue muet des yeux parlant aux yeux ;
Longs silences coupés de paroles plus douces
Que les murmures frais de l’eau parmi les mousses ;
O souvenirs cueillis au pied des chênes verts,
Vous vivez dans mon cœur. Vous vivrez dans mes vers !

J’espère de cette sélection des poèmes les plus beaux et les plus connus sur l'été vous a plu.

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